En bref : La gouttière anglaise enterrée n'est pas une gouttière posée sous terre : c'est une gouttière demi-ronde suspendue (dite « anglaise » ou pendante) dont l'évacuation est raccordée à un réseau de canalisations enterrées, invisible en façade. En Gironde, où il tombe environ 900 mm de pluie par an, ce montage évacue les eaux de toiture à distance des fondations, un point critique sur les sols argileux de la rive droite. Comptez 40 à 90 € par mètre linéaire pour la partie enterrée, hors gouttière.
L'essentiel- Le terme « enterrée » qualifie le réseau d'évacuation en aval de la descente, jamais la gouttière elle-même.
- Une toiture de 100 m² collecte environ 90 m³ d'eau par an sous climat océanique girondin : ce volume doit partir loin du bâti.
- Canalisation PVC CR4 en Ø 100 à 160 mm, pente de 1 %, regard de visite à chaque changement de direction.
- Un hydrocurage tous les 3 à 5 ans évite l'ensablement, principale cause de débordement en pied de descente.
- Gouttière anglaise enterrée : de quoi parle-t-on exactement ?
- Pourquoi enterrer l'évacuation en Gironde
- Anatomie et dimensionnement du réseau
- Installation étape par étape
- Comparatif des solutions d'évacuation
- Prix constatés en Gironde
- Entretien et pathologies fréquentes
- Questions fréquentes
Une flaque permanente au pied du mur, un enduit qui cloque à 40 cm du sol, des fissures qui apparaissent en fin d'été : dans neuf cas sur dix, le coupable n'est pas la maçonnerie mais l'eau de toiture rejetée trop près des fondations. La gouttière anglaise enterrée répond précisément à ce problème en conduisant les eaux pluviales sous terre, jusqu'à un exutoire situé à bonne distance du bâtiment. Ce guide détaille le principe exact de ce montage, son dimensionnement selon le NF DTU 60.11, les étapes de pose, les prix pratiqués en Gironde et l'entretien qui conditionne sa durée de vie.
Gouttière anglaise enterrée : de quoi parle-t-on exactement ?
La gouttière anglaise est une gouttière demi-ronde suspendue à la rive de toiture par des crochets fixés sur les chevrons ou sur un bandeau. On l'appelle aussi gouttière pendante ; le qualificatif « anglaise » renvoie à son profil demi-circulaire et à sa fixation en applique, très répandue outre-Manche puis diffusée en France sur les constructions du XXᵉ siècle.
Une gouttière ne peut évidemment pas être enterrée : c'est un ouvrage de rive, situé en partie haute du bâtiment. Le terme « enterrée » désigne donc la seconde moitié du système, celle qui commence en pied de descente et disparaît sous le sol.
Concrètement, l'eau suit ce trajet : gouttière demi-ronde → naissance et moignon → descente en façade → dauphin → regard de pied de chute → canalisation enterrée → exutoire. Seuls les deux derniers maillons sont invisibles.
Ne confondez pas ce montage avec le chéneau encastré, qui est intégré dans l'épaisseur de la toiture, ni avec le caniveau à grille posé en pied de mur. Ces trois ouvrages répondent à des logiques différentes et n'ont ni le même coût, ni le même entretien.
Pourquoi enterrer l'évacuation en Gironde
Parce que le climat océanique girondin produit un volume d'eau considérable, étalé sur toute l'année. Avec 900 mm de précipitations annuelles et environ 125 jours de pluie, une toiture de 100 m² au sol collecte près de 90 m³ d'eau par an, soit 90 000 litres déversés en quelques points précis de la façade.
Rejeter ce volume au pied du mur, comme le font encore beaucoup de dauphins non raccordés, sature le sol de fondation. Sur la rive droite bordelaise — Lormont, Cenon, Floirac — et dans l'Entre-deux-Mers, les argiles sont sujettes au phénomène de retrait-gonflement : elles gonflent en hiver, se rétractent en été, et cette alternance fissure les maçonneries.
La réglementation en tient compte. Depuis l'arrêté du 22 juillet 2020 relatif aux constructions en zone d'exposition moyenne à forte au retrait-gonflement des argiles, l'évacuation des eaux pluviales à distance des fondations fait partie des dispositions constructives attendues. Une large part du département de la Gironde est concernée.
À l'inverse, sur le Bassin d'Arcachon, les sables permettent une infiltration rapide à la parcelle : un puisard bien dimensionné y suffit souvent, là où une maison de Lormont exigera un raccordement au réseau public. Le sol commande la solution, pas l'inverse.
Sur les maisons de bourg des années 1960 en Nouvelle-Aquitaine, je retrouve régulièrement des descentes qui se terminent 5 cm au-dessus d'une dalle béton fissurée. L'eau ne part nulle part : elle rentre. C'est le premier poste que je fais corriger avant même de parler de la couverture.
Anatomie et dimensionnement du réseau
Un réseau enterré performant repose sur trois réglages : la section des conduits, la pente et l'accessibilité. Le NF DTU 60.11 P3 sert de référence de calcul, avec une base conventionnelle de 3 litres par minute et par mètre carré de surface collectée.
Les composants, de haut en bas
- Gouttière demi-ronde : développés courants de 250, 333 ou 400 mm selon la surface de toiture desservie.
- Descente : Ø 80 mm en maison individuelle, Ø 100 mm au-delà de 80 m² collectés par descente.
- Dauphin : tube rigide de 1 m environ en fonte ou aluminium, qui protège le bas de descente des chocs.
- Regard de pied de chute : boîte 30 × 30 cm servant de décanteur et de point de visite.
- Canalisation enterrée : PVC assainissement CR4 (SN4) en Ø 100, 125 ou 160 mm, à joint souple.
- Regards intermédiaires : à chaque changement de direction et tous les 20 à 25 m en ligne droite.
- Exutoire : réseau public d'eaux pluviales, puisard, tranchée drainante ou cuve de récupération.
Pente, profondeur et pose en tranchée
La pente cible est de 1 %, soit 1 cm par mètre. En dessous de 0,5 %, les fines et le sable de toiture se déposent et forment un bouchon en quelques saisons ; au-delà de 3 %, l'eau file trop vite et laisse les particules derrière elle.
La profondeur de la génératrice supérieure se situe entre 50 et 80 cm. Le gel étant peu contraignant sous notre latitude, c'est surtout la charge roulante qui dicte la cote : 80 cm minimum sous une allée carrossable, à Pessac comme à Mérignac.
La tranchée reçoit un lit de sable de 10 cm, puis un enrobage de 10 à 15 cm au-dessus du tube, et enfin un grillage avertisseur marron — la couleur normalisée de l'assainissement — posé à environ 30 cm sous le niveau fini.
Le raccordement des eaux pluviales au réseau d'eaux usées est interdit en réseau séparatif, et sanctionnable. Avant tout branchement sur le domaine public, consultez le règlement d'assainissement de votre collectivité : Bordeaux Métropole et de nombreuses communes girondines imposent une limitation de débit ou privilégient l'infiltration à la parcelle.
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Devis gratuitInstallation étape par étape
La pose d'un réseau enterré se déroule en sept opérations, dont une seule relève réellement du couvreur-zingueur : le raccordement en pied de descente. Le reste est un travail de terrassement et de canalisation, à mener dans l'ordre.
- Étape 1 : Repérer les réseaux existants
Déclaration de travaux DT-DICT si le chantier touche le domaine public, et détection des câbles et canalisations privatifs. Un coup de godet dans une arrivée d'eau coûte plus cher que toute l'opération.
- Étape 2 : Définir l'exutoire
Réseau public d'eaux pluviales si la rue en est équipée, sinon infiltration à la parcelle. Un essai de perméabilité de type Porchet renseigne sur la capacité réelle du sol : sur argile, elle tombe souvent sous 10 mm/h et interdit le puisard simple.
- Étape 3 : Ouvrir la tranchée
Largeur 40 cm environ, fond réglé à la lunette ou au laser pour tenir la pente de 1 % de bout en bout. Le rejet doit se situer à 3 m minimum du bâtiment, davantage en terrain argileux.
- Étape 4 : Poser le lit de pose
10 cm de sable ou de gravillon 2/6 compacté, sans point dur. Une pierre laissée sous le tube crée un appui ponctuel et provoque une rupture au premier tassement.
- Étape 5 : Dérouler et assembler la canalisation
Tubes PVC CR4 emboîtés à joint, coudes limités à 45° pour rester curable, culottes pour les jonctions de descentes. Chaque changement de direction reçoit un regard.
- Étape 6 : Raccorder le pied de descente
Le dauphin est engagé dans le regard de pied de chute équipé d'un panier de décantation. Ce point de visite conditionne tout l'entretien futur : il doit rester accessible et jamais recouvert.
- Étape 7 : Tester puis remblayer
Essai à l'eau sur la totalité du linéaire pour vérifier l'écoulement et l'absence de contre-pente. Remblai par couches de 20 cm compactées, grillage avertisseur marron, remise en état du sol.
Photographiez la tranchée ouverte avant remblai, avec un mètre déroulé et des cotes par rapport à la façade. Dix ans plus tard, cette photo vous évitera de sonder tout le jardin pour retrouver une canalisation bouchée.
Comparatif des solutions d'évacuation
Le réseau enterré n'est pas systématiquement la meilleure réponse. Voici les cinq options réellement utilisées en maison individuelle, avec leurs coûts et leurs limites.
| Solution | Coût indicatif | Avantages | Inconvénients | Adaptée à |
|---|---|---|---|---|
| Dauphin seul, rejet au sol | 40–120 € l'unité | Coût minimal, aucun entretien | Sature le sol de fondation, flaques, remontées d'humidité | Terrain en pente, sol très drainant |
| Réseau enterré vers réseau public EP | 40–90 €/ml | Évacuation totale, façade dégagée, valeur ajoutée | Autorisation communale, curage périodique | Zone urbaine équipée en séparatif |
| Réseau enterré vers puisard | 800–2 500 € l'ouvrage | Autonomie complète, pas de branchement public | Inefficace sur argile, colmatage progressif | Sols sableux du Bassin d'Arcachon |
| Tranchée drainante d'infiltration | 60–140 €/ml | Diffusion sur grand linéaire, tolère les sols moyens | Emprise importante au jardin | Terrains limoneux, parcelles spacieuses |
| Cuve de récupération enterrée | 2 500–6 000 € posée | Arrosage et usages domestiques, trop-plein infiltré | Investissement lourd, filtration à entretenir | Jardins arrosés, projets de rénovation globale |
Sur les parcelles sableuses de gouttière à Gujan-Mestras et du pourtour du Bassin, le puisard reste imbattable en rapport coût-efficacité. En secteur argileux, il se colmate en quelques années et la tranchée drainante ou le raccordement public s'imposent.
Prix constatés en Gironde
Le budget se décompose en deux blocs distincts : la partie aérienne, chiffrée au mètre linéaire de gouttière, et la partie enterrée, chiffrée au mètre de tranchée. Confondre les deux dans un devis global rend toute comparaison impossible.
Fourchettes de prix indicatives (pose incluse)
| Prestation | Prix indicatif | Détail |
|---|---|---|
| Gouttière demi-ronde aluminium | 25–55 €/ml | Crochets, naissances et jonctions compris |
| Gouttière demi-ronde zinc | 40–80 €/ml | Soudures à l'étain, mise en œuvre plus technique |
| Descente Ø 80 mm posée | 30–70 €/ml | Colliers et coudes inclus |
| Dauphin fonte ou aluminium | 40–120 € l'unité | Fonte plus résistante en zone de passage |
| Canalisation enterrée Ø 100–160 | 40–90 €/ml | Terrassement, lit de sable, remblai compris |
| Regard de visite 30 × 30 | 120–250 € l'unité | Tampon fonte majoré sous passage véhicule |
| Puisard d'infiltration | 800–2 500 € | Selon volume, profondeur et nature du sol |
| Hydrocurage du réseau | 150–400 € | Intervention préventive, 1 à 2 heures |
| Inspection caméra | 200–400 € | Localisation précise d'un bouchon ou d'une casse |
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Pour une maison de plain-pied de 100 m² à gouttière à Pessac, avec 28 ml de gouttière aluminium, deux descentes et 18 ml de réseau enterré vers le collecteur de rue, l'enveloppe se situe entre 3 200 et 4 800 € TTC. Le détail des variantes de matériau est développé dans notre analyse du tarif au mètre linéaire de la gouttière alu, et les arguments en faveur du métal traditionnel dans notre dossier sur les atouts durables du zinc en couverture.
Bon à savoir : les travaux d'évacuation des eaux pluviales sur un logement de plus de deux ans bénéficient de la TVA à 10 % lorsqu'ils sont réalisés et facturés par une entreprise. Renseignez-vous également auprès du CAUE de la Gironde si votre bien se situe en secteur patrimonial protégé, où le profil et la teinte des ouvrages de rive peuvent être encadrés.
Entretien et pathologies fréquentes
Un réseau enterré ne se voit pas, donc ne s'entretient pas — c'est précisément là que naissent les problèmes. Trois désordres reviennent systématiquement sur les chantiers de réparation en Nouvelle-Aquitaine.
- L'ensablement : les granulats des tuiles et le sable de couverture migrent, décantent et forment un bouchon compact dans les premiers mètres de canalisation.
- Les racines : peupliers, saules et bambous colonisent les joints de tube et prolifèrent dans un milieu humide et aéré. Une haie plantée à moins de 3 m d'un réseau EP est une menace directe.
- La contre-pente : un tassement de remblai mal compacté crée une cuvette où l'eau stagne et dépose ses fines, jusqu'à l'obstruction complète.
Le programme d'entretien tient en trois gestes. Nettoyage des gouttières deux fois par an, en fin d'automne après la chute des feuilles et au printemps ; vidage du panier de décantation du regard de pied de chute à la même fréquence ; hydrocurage préventif du réseau enterré tous les 3 à 5 ans.
Sous notre climat humide, la végétation s'installe vite dans les demi-rondes : consultez nos méthodes contre la mousse et les algues qui colonisent les gouttières. Et si l'eau passe déjà par-dessus la rive avant même d'atteindre la descente, le diagnostic se fait en amont, comme l'explique notre guide des causes de débordement d'une gouttière.
Posez des crapaudines sur chaque naissance et un panier amovible dans le regard de pied de chute. Ces deux accessoires coûtent moins de 40 € et retiennent 90 % de ce qui bouche un réseau enterré.
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Devis gratuitQuestions fréquentes
Peut-on raccorder une gouttière anglaise enterrée soi-même ?
La partie enterrée est techniquement accessible à un particulier bricoleur : tranchée, lit de sable, tubes PVC emboîtés. Deux points restent délicats et justifient un professionnel : le respect strict de la pente de 1 % sur tout le linéaire, et le raccordement sur le domaine public, qui nécessite une autorisation de la collectivité et parfois une intervention de son concessionnaire. Une erreur de pente ne se voit qu'après remblai, quand il est trop tard.
À quelle distance de la maison faut-il rejeter les eaux pluviales ?
Trois mètres minimum entre le point de rejet et les fondations, et davantage sur les sols argileux sensibles au retrait-gonflement, très présents en Gironde. Un puisard placé trop près du bâtiment recrée exactement le désordre qu'il était censé corriger : il sature le terrain d'assise et favorise les mouvements différentiels. Sur petite parcelle, la tranchée drainante linéaire ou le raccordement au réseau public sont préférables.
Quelle durée de vie pour un réseau d'évacuation enterré ?
Une canalisation PVC CR4 correctement posée sur lit de sable atteint 50 ans sans difficulté, à condition d'être curée tous les 3 à 5 ans et de ne pas subir de charge roulante non prévue. Les points faibles ne sont jamais les tubes mais les jonctions : coudes, culottes et raccords sur regard. C'est là que les racines s'infiltrent et que les bouchons se forment.